Aux affamés de bonnes vibes soul-funk. Aux « connoisseurs » de cette musique accouchée dans la douleur des âmes. Rencard les 4 et 6 août au Glazart* (Paris) avec deux légendes. Ça ne se refuse pas.
Paname se met en mode funk, avec deux Tontons flingueurs du son. George Clinton mettra d’abord le couvert le 4 dès 19 h à La plage de Glazart*, avant de laisser place à Roy Ayers, qui déménagera le tout le 6, même heure même lieu.
Et tout ça, on le doit à qui ? On vous le donne, Emile ! Encore aux fous furieux de chez Groove Production, qui n’ont décidément pas l’intention de lâcher l’affaire. N’en déplaise aux amateurs de grand-messe variétobusiness en vogue…
Pour se mettre en jambes, on débute avec l’ami Clinton, 69 ans le 22 juillet, un des pères fondateurs du funk avec James et Sly. Comme les très grands, il a su s’entourer de virtuoses tels le claviériste Bernie Worrell, le guitariste Eddie Hazel, et quelques transfuges de la maison Brown, dont le boss pétait décidément trop les plombs et autre chose. On parle là du tromboniste Fred Wesley, et des sax Maceo Parker et Alfred Pee Wee Ellis, du bassiste Bootsie Collins…
Reboostée par la scène rap des nineties, dont le cynophile Snoop, l’œuvre du Tonton revient à sa place. C’est à dire devant. Les jeunots découvrent alors que la vraie musique existait avant les chaînes en or massif et les voitures à suspensions hydrauliques. Alléluia…
Quand on parle P-Funk, on y associe des zicos genre grosses pointures. Le regretté Gary « Star Child » Shider en fait partie. L’homme en couche-culotte a été rappelé il y a peu au firmament pour un bœuf d’enfer avec ceux qui l’ont précédé. RIP.
Un concert de Clinton, c’est minimum trois heures de liesse et de folie avec des zigues fagotés comme l’équipage de Startrek en talons lamé argent, plumes et combinaisons à faire passer Raël pour un sapeur. Alors profitons-en avant que l’inéluctable ne se produise, et qu’on en soit réduits à se consoler avec des vidéos de Youtube ou des vinyles de collec’ au grain râpeux.
Question sample, Roy Ayers qui succéde à Clinton le 6 août, n’est pas en reste. Mary J Blige, D’Angelo, Common, Naughty by Nature et même les frenchies du neuf trois NTM ont posé leurs lyrics sur les accords du vibraphoniste. Un sacré bonhomme, ce Roy, qui mène aux baguettes une carrière d’exception.
A presque 70 ans, il tient toujours la dragée haute aux têtes d’affiches actuels à propos desquels la décence empêchera ici tout commentaire… De son papa tromboniste et sa maman pianiste, Roy Ayers a hérité le rythme. Et de Lionel Hampton, une paire de baguettes.
Jazz jazz jazz. A 18 ans, il taquine le clavier avec des grands. Phineas Newborn Jr, Leroy Vinnegar. Plus tard, Reggie Workman (bassiste de Coltrane) l’embringue dans une jam avec le flutiste Herbie Mann, aux côtés duquel il joue quatre ans avant de former le Roy Ayers Ubiquity avec des pointures nommées Fortune, Cobham, Hakim ou Mouzon. Sa patte, jazz très funk, devient en l’espace de 12 LP, la bande-son des seventies. Un détour par l’Afrique de Fela dans les années 80 et le retour en grâce via l’acid-jazz et le hip-hop des années 90 qui le samplent à tours de bras. Histoire qu’on n’oublie pas d’où vient tout ce qui est bon…
Sheidia @ Soulflower
*7/15 av Porte de la Villette Paris www.myspace.com/grooveproduction















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