Le thermomètre ne lâche pas un gramme de mercure, en ce jeudi soir parisien. La rue des petites Ecuries est blindée de voitures, de Vélib’ encore intacts, de gars sortis de nulle part. Foule compacte devant le 10. Complet. Le concert de ce soir restera dans les annales. On est le 4 févier 2010. La scène du New Morning accueille des grands.

Lee Fields, Charles Bradley et les ovnis du Menahan Street Band, arrivent du Nouveau continent, montrer que leurs prestations sonores ne doivent rien au mix de studio.

Ça y est, la bande de la rue Menahan investit la scène. Derrière leur look de gentils, se cachent des tueurs à gage. Arrivent Charles Bradley, puis Lee Fields. Dans la salle : des collégiennes venues avec leur prof de musique, des vieux beaux en couple, des bandes d’anciennes aux rides magnifiques, des minots aux mèches venteuses. Tous sourient.

Pendant deux sets, personne ne touche terre. Ni les zicos, partis dans des enchaînements extraterrestres. Ni un Charles Bradley en pantalon de satin blanc, lunettes noires et béret de Panther, qui enchaîne d’improbables pas de danse. Ni Lee Fields dont le timbre éraillé à la James enivre tout sur son passage. Et encore moins le public qui se prend claque sur claque. Et en redemande. Deux rappels. Carton total. Banane sur tous les visages.

L’interview dans les loges se fait sans chichi. Lee a tombé le costard seventies pour un survêt’ satin noir et bonnet roulé sur le crâne. Old school. Le revival de la soul ? « Elle n’a jamais quitté la scène ! » Et tous ces gamins même pas nés quand il a touché son premier micro, qui lui tendaient la main pendant le concert ? « Des amateurs de bonne musique !.. »

Les frenchies l’ont branché. Il reviendra à Paname, c’est certain. Merci Lee et à très bientôt. Histoire de prolonger l’instant, My World, sa galette sortie l’été dernier chez Truth & Soul, tourne en boucle dans la Clio. Bonheur. Oui, le genre humain est bien capable du meilleur.

Sheidia